Visite des serres de tomates “zéro résidu de pesticides” – Paysans de Rougeline

photo de tomates cerises allongées des Paysans de Rougeline - sans pesticides

Au début de l’été, j’ai eu la chance de découvrir la culture de tomates de deux frères passionnés : Davy et Vincent Clément. Ces deux frères amoureux de la tomate, se sont engagés en 2013 à dédier une partie de leur production de tomates à du “zéro résidus de pesticides”. Mais qu’est-ce donc ?

Le “zéro résidu de pesticides”, entre le conventionnel et le bio :

L’agriculture conventionnelle représente près de 90% des fruits et légumes que nous trouvons sur nos étals. Le bio gagne de plus en plus de part de marché depuis ces dernières années, mais son agriculture en France est aujourd’hui freiné par des cahiers des charges toujours plus strictes, pas forcément en cohérence avec le fonctionnement de l’Europe et avec des subventions de moins en moins nombreuses.

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Davy et Vincent Clément tentent de répondre ainsi qu’avec l’aide des autres 160 autres familles de Paysans de Rougeline, à une demande des consommateurs qui souhaitent consommer mieux et local sans forcément passer par du bio. Leur réponse est l’écoserre créée en 2013 sur leur site de production à Raphèle-lès-Arles, celle-ci leur permet d’assurer une production régulière de tomates en n’utilisant pas de pesticides et sans dérégler le cycle naturel de la tomate.

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Avantages et inconvénients de l’agriculture en écoserre :  

Dans leur écoserre, Davy et Clément peuvent contrôler la température, l’apport en humidité, les attaques de ravageurs de cultures, les champignons… grâce à la technologie de pointe qui équipe ces écoserres.

Les tomates sont des fruits tropicaux qui nécessitent beaucoup d’apport en nutriments dans la terre, de beaucoup d’eau et de soleil. Vous l’aurez remarqué, nous ne sommes pas forcément bien équipé en France pour ce qui est du climat tropical. La culture des tomates étant très gourmande et nos ressources de sol n’étant pas illimitée, il a fallu trouver une solution mêlant écologie et technologie. C’est à ce moment-là que l’écoserre entre en jeu.

Pour vous l’expliquer brièvement, les tomates sont plantés dans des substrats afin que les plants puissent démarrer, grandir et donner de bons fruits. Lors du processus de pousse, l’écoserre est régulée avec un ordinateur de bord qui régule l’apport d’air et d’humidité, cela permet d’arroser les longues lignes de pousses de tomates et d’ouvrir et de refermer les fenêtres de l’écoserre. Celles-ci étant équipées de moustiquaires qui permettent de faire barrage à la plupart des ravageurs des plants de tomates. Cela évite de faire usage des pesticides pour vaincre ces ravageurs.

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Dans le cas où ils réussissaient à passer entre les mailles de la moustiquaire, le cahier des charges permet d’utiliser des méthodes naturelles pour en venir à bout comme des :

  • micro-organismes (champignons, virus ou bactéries pour protéger les cultures contre les ravageurs, maladies ou stimuler la vitalité des plantes)
  • macro-organismes auxiliaires (  des invertébrés, insectes, acariens ou nématodes utilisés de façon raisonnée)
  • médiateurs chimiques (phéromones d’insectes et kairomones) qui permet le suivi des insectes ravageurs et le contrôle de la population d’insectes par le piégeage et la confusion sexuelle

Les substances naturelles présentes dans le milieu naturel peuvent être d’origine végétale, animale ou minérale.

A chaque soucis, à chaque attaque, l’écoserre apporte une solution écologique et repousse l’utilisation des produits phytosanitaires. En cas de force majeure, les pesticides sont alors utilisés, la serre stérilisée pour la prochaine production et la parcelle affectée sort du programme “zéro résidus de pesticides”.

Les avantages de cette méthode d’agroécologie sont nombreux (meilleure utilisation de l’eau, des ressources de la terre, lutte plus efficace contre les ravageurs, économies sur le long terme, préservation des sols…) mais ils suscitent toujours une certaine défiance du grand public (moi la première), car cette agriculture n’est pas considérée comme “naturelle” du fait que celle-ci soit hors-sol.

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Les inconvénients n’ont pas été soulevés lors de notre visite mais je serais curieuse de connaître le bilan énergétique de l’écoserre afin de produire 1 tonne de tomates vs une parcelle en permaculture… Si vous connaissez la réponse, dites-le moi en commentaire !

Ce concentré de technologie et cette passion des frères Clément autour de leur produit, la tomate, se ressent tout au bout de la chaîne de production avec de belles tomates charnues, pleines de goût, pas farineuse et surtout avec une véritable odeur de tomate. Rien de plus qu’un filet d’huile d’olive et un peu de basilic pour sublimer ce fruit !

Culture hors sol vs agriculture biologique : 

Mais si la culture hors-sol n’utilise pas du tout de pesticides, n’est-elle pas plus bio que le BIO ? C’est la question que je me suis posé et à laquelle j’ai eu un début de réponse tout simple : NON. L’Agriculture Biologique doit respecter un cahier des charges strict et bien différent de celui pour le “zéro résidus de pesticides”.

Dans le BIO, l’utilisation de pesticides naturels comme la bouillie bordelaise est tolérée tandis qu’elle est proscrite dans le “zéro résidus de pesticides”.

Dans le BIO, la culture est obligatoirement dans les sols tandis que celle-ci est hors-sol pour le “zéro résidus de pesticides”…

Voilà pourquoi le “zéro résidus de pesticides” ne peut pas être considéré comme BIO.

De plus, le”zéro résidus de pesticides” des Paysans de Rougeline est local, dans la mesure où cela ne concerne pour le moment que les producteurs du Sud de la France (Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Provence -Alpes Côte d’Azur) tandis que le BIO concerne le monde entier avec ses variations que l’on connait.

Les tomates des Paysans de Rougeline sont disponibles dans les petites, moyennes et grandes surfaces (Lidl, Carrefour, Leclerc…) mais aussi sur les marchés ! Ils sont présents chez mon marchand de fruits et légumes dans le 92 !

Quelques informations sur la tomate : 

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Pour conserver toutes les propriétés de la tomate, la conserver à une température entre 12-14°C mais surtout pas les stocker au réfrigérateur ! Il faut laver les tomates qu’au moment de les consommer et retirer le pédoncule après le lavage.

La tomate est un fruit bon pour la santé car il est pauvre en glucides (3%) et très riche en eau (entre 93 et 96%), ce qui en fait un aliment santé (lorsqu’elle n’a pas de pesticides) avec 15 calories au compteur !

Elle est riche en vitamines A,B,C et E.

Voilà déjà la fin de immersion au cœur de l’écoserre des frères Clément, je vous dis à très vite pour la suite de mon séjour de 24h à Arles avec une délicieuse après-midi en compagnie de Stéphane Paroche et un dîner sublime à l’Ouvre-Boîte !


 

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